The ralentissement des téléchargements de ChatGPT complique sérieusement les plans d’introduction en bourse d’OpenAI, prévue pour fin 2026. Les chiffres publiés fin avril 2026 révèlent une croissance en net recul alors que la concurrence accélère.
Un timing particulièrement difficile
En avril 2026, OpenAI se retrouve dans une position délicate : préparer l’une des introductions en bourse les plus attendues de l’histoire de la tech, tout en gérant un ralentissement visible de son produit phare. Le Wall Street Journal a révélé fin avril 2026 que la société a raté son objectif interne d’atteindre un milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT d’ici la fin 2025, un seuil qu’elle n’a toujours pas officiellement franchi. Pour des investisseurs qui valorisent OpenAI sur la base de sa trajectoire de croissance, ce signal est difficile à ignorer.
L’ampleur du problème devient encore plus concrète avec les données de Sensor Tower : sur les derniers mois, les téléchargements de ChatGPT n’ont progressé que de 14% en glissement annuel, pendant que l’application de Claude (Anthropic) affichait une multiplication par 11 sur la même période. Ce contraste brutal illustre un changement de dynamique dans le secteur de l’IA générative grand public.
Des métriques d’engagement en chute libre
Le problème ne se limite pas aux nouveaux téléchargements. En octobre 2025, les téléchargements mensuels de l’application mobile ChatGPT ont reculé de plus de 8% en comparaison avec le mois précédent, selon les données du cabinet d’analyse Apptopia. La nuance est importante : il ne s’agit pas d’une chute du nombre total d’installations, qui restent plusieurs millions par jour, mais d’un net ralentissement du rythme d’acquisition de nouveaux utilisateurs.
L’engagement des utilisateurs existants se dégrade également. Toujours selon Apptopia, le temps moyen passé quotidiennement sur l’application aux États-Unis a reculé de 22,5% entre juillet et octobre 2025, et le nombre moyen de sessions quotidiennes par utilisateur a chuté de 20,7% sur la même période. Ces chiffres suggèrent que même les utilisateurs déjà acquis consacrent moins de temps à ChatGPT. OpenAI ne compte plus à cet instant que 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires, selon les informations disponibles.
La pression concurrentielle s’intensifie
Le recul de ChatGPT s’explique en partie par la montée en puissance de ses concurrents. La part de marché mondiale de ChatGPT dans le secteur de l’IA générative est passée de 87,2% en début 2025 à environ 68% en octobre 2025, tandis que Google Gemini progressait de 5,4% à 18,2% sur la même période. Google bénéficie d’avantages structurels considérables : son intégration dans Chrome, dans la recherche et dans Android lui offre une distribution que OpenAI ne peut pas répliquer à court terme.
La croissance mensuelle du nombre d’utilisateurs de ChatGPT illustre cette même tendance. Elle est tombée de 42% en début d’année 2025 à seulement 13% en septembre 2025. Du côté de l’entreprise, OpenAI a aussi raté plusieurs objectifs de revenus mensuels, en partie à cause de la progression d’Anthropic sur le marché des clients enterprise, selon des sources proches du dossier.
Un modèle économique fragilisé avant l’IPO
Au-delà des téléchargements, c’est l’ensemble du modèle économique d’OpenAI qui suscite des interrogations. Une analyse de Deutsche Bank publiée en octobre 2025 estimait que seulement environ 5% des 800 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires de ChatGPT étaient des abonnés payants. Pour une société qui se prépare à entrer en bourse avec une valorisation cible pouvant atteindre 1 000 milliards de dollars, ce taux de conversion représente un défi structurel majeur.
OpenAI projette par ailleurs des pertes d’environ 14 milliards de dollars. L’entreprise a pourtant franchi des seuils de revenus impressionnants, dépassant 25 milliards de dollars de revenus annualisés selon des données disponibles début 2026, une progression plus rapide que n’importe quelle autre société de logiciels enterprise dans l’histoire. Mais investir dans une société qui perd autant d’argent tout en voyant sa part de marché s’éroder demande une conviction forte dans la trajectoire à long terme.
L’impact sur les acteurs financiers liés à OpenAI s’est déjà fait sentir. SoftBank, qui détient 13% du capital d’OpenAI, a vu son titre chuter de 9,8% en une seule séance à la suite des révélations sur les objectifs manqués. Ce recul boursier illustre à quel point les marchés perçoivent désormais l’IPO d’OpenAI comme un pari moins certain qu’il ne le semblait il y a encore quelques mois.
L’IPO sous haute surveillance
Malgré ce contexte difficile, OpenAI maintient le cap sur son projet d’entrée en bourse. Selon Reuters, la société envisage de déposer ses documents auprès des régulateurs boursiers américains dans le second semestre 2026, avec une ambition de lever au moins 60 milliards de dollars. Sarah Friar, directrice financière d’OpenAI, aurait indiqué à ses équipes que l’objectif reste une introduction en bourse en 2027, bien que certains conseillers évoquent une possibilité de cotation avant la fin 2026.
La valorisation cible reste ambitieuse, autour de 700 à 800 milliards de dollars selon le consensus actuel, avec un scénario optimiste à 1 000 milliards de dollars conditionné à une reprise de la croissance. Pour y parvenir, OpenAI devra convaincre les investisseurs institutionnels que le ralentissement observé fin 2025 et début 2026 n’est qu’une phase de transition et non le signe d’une saturation du marché.
La prochaine étape sera déterminante : si OpenAI parvient à franchir officiellement le cap du milliard d’utilisateurs actifs hebdomadaires avant le dépôt de son dossier, cela pourrait changer radicalement la perception des marchés. Dans le cas contraire, la société devra faire valoir ses revenus en forte croissance et ses perspectives sur les marchés enterprise pour justifier une valorisation historique dans un contexte de concurrence accrue avec Google, Anthropic et les acteurs émergents du secteur.




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