Trois hommes sont accusés d’avoir braqué un camion de livraison de produits Apple, dérobant 1,2 million de dollars le 3 janvier 2026. L’inculpation fédérale a été rendue publique le 7 mai.
Un braquage matinal devant l’Apple Store de Manhasset
Il est environ 8 heures du matin, le 3 janvier 2026, devant l’Apple Store de l’Americana Manhasset, un centre commercial de Long Island (New York). Deux livreurs terminent de préparer une livraison comprenant des MacBook, des iPhone, des iPad, des Apple Watch et divers accessoires, pour une valeur totale dépassant 1,2 million de dollars. En quelques instants, leur matinée ordinaire bascule dans la violence.
Selon le communiqué officiel du Bureau du procureur des États-Unis pour le district Est de New York (USAO-EDNY), trois individus armés de pistolets approchent les deux employés. L’un d’eux est forcé de s’allonger à l’arrière du camion, les mains ligotées avec des serflex. L’autre reçoit l’ordre de prendre le volant et de conduire le véhicule jusqu’à une zone isolée, derrière un immeuble de bureaux situé sur Northern Boulevard à Manhasset. Une fois sur place, le second livreur est à son tour immobilisé à l’arrière.
Un camion de location Home Depot, réservé au préalable par l’un des suspects avec un faux permis de conduire de Pennsylvanie, attend déjà sur les lieux. Les trois hommes transfèrent l’intégralité de la marchandise d’un véhicule à l’autre, ferment la porte du camion de livraison avec les victimes à l’intérieur, puis prennent la fuite. L’une d’elles parvient à se libérer et appelle le 911.
Une organisation soigneuse, des traces compromettantes
Après les faits, la marchandise volée est transportée dans le New Jersey, jusqu’à un entrepôt de self-stockage à Paterson. Selon le communiqué officiel de l’USAO-EDNY, les caméras de surveillance de l’établissement ont filmé deux des suspects, Michael Mejia-Nunez et Ennait Alexis Sirett-Padilla, en train de louer un box pour y transférer les produits depuis le camion Home Depot vers un camion U-Haul et un autre véhicule conduit par un complice non encore identifié dans l’acte d’accusation.
Le camion Home Depot a été abandonné dans le Bronx et retrouvé par les forces de l’ordre le 5 janvier 2026, deux jours après les faits. À l’intérieur, les enquêteurs ont découvert un élément déterminant : les empreintes digitales d’Alan Christhofer Cedeno-Ferrer sur une copie du contrat de location. Par ailleurs, le communiqué officiel de l’USAO-EDNY précise que Cedeno-Ferrer a activé deux des Apple Watch volées dans les jours suivant le braquage, contribuant ainsi à son identification.
L’enquête a mobilisé le FBI, la police du comté de Nassau, le bureau du procureur du comté de Bergen (New Jersey) et la police de New York. Les trois suspects ont été inculpés le 7 mai 2026 au tribunal fédéral de Central Islip, dans l’État de New York.
Inculpés pour vol de produits Apple, les trois hommes risquent 30 ans de prison
L’acte d’accusation comporte trois chefs : vol avec violence au sens du Hobbs Act (une loi fédérale américaine visant les actes criminels affectant le commerce interétatique), complot en vue de commettre ce vol, et transport interétatique de biens volés. Si les prévenus sont reconnus coupables, ils risquent chacun jusqu’à 30 ans d’emprisonnement.
« Ces prévenus ont commis un vol à main armée violent et audacieux en pleine journée, qui a terrorisé les victimes et mis en danger le public dans l’un des centres commerciaux les plus fréquentés de Long Island », a déclaré Joseph Nocella Jr., procureur des États-Unis pour le district Est de New York, dans un communiqué officiel. (« As alleged, these defendants committed a violent and brazen daytime robbery that terrorized the victims and endangered the public at one of the most popular shopping centers on Long Island. »)
James C. Barnacle Jr., directeur adjoint en charge du bureau de New York du FBI, a également réagi dans ce même communiqué officiel : « Les prévenus auraient mis deux employés innocents en joue avant de détourner et de piller leur camion de livraison par pure cupidité. Le FBI reste pleinement coordonné avec ses partenaires locaux pour arrêter les criminels violents qui sèment le chaos dans nos communautés. » (« The defendants allegedly held two innocent employees at gunpoint before hijacking and robbing their delivery truck out of selfish greed. The FBI remains in lockstep with our local law enforcement partners to stop violent criminals from wreaking havoc on our communities. »)
Cette affaire illustre une réalité bien documentée : les produits Apple constituent des cibles de choix pour les réseaux de recel organisé. Leur valeur unitaire élevée, leur liquidité sur le marché secondaire et leur facilité de transport en font une marchandise particulièrement attractive. L’activation des montres volées par l’un des suspects, malgré le risque évident d’identification, révèle une méconnaissance des mécanismes de traçabilité intégrés aux appareils Apple, notamment l’activation liée à un identifiant Apple. C’est précisément cette erreur qui a fourni aux enquêteurs un fil conducteur précieux.
La chaîne logistique d’Apple, qui repose sur des prestataires de transport tiers pour approvisionner ses boutiques, reste exposée à ce type d’opération planifiée. Cette affaire pourrait relancer le débat sur les protocoles de sécurité encadrant la livraison de marchandises à haute valeur vers les Apple Stores, en particulier dans les zones commerciales denses. Les prévenus, Alan Christhofer Cedeno-Ferrer (27 ans, Bronx), Michael Mejia-Nunez (29 ans, New York) et Ennait Alexis Sirett-Padilla (24 ans, New York), sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie par un tribunal.
