Apple contre OpenAI prend une nouvelle dimension. Le 3 août 2026, le fabricant de l’iPhone a affirmé que 11 autres anciens salariés pourraient être liés à son enquête sur des secrets industriels.
Apple élargit son enquête sur les secrets transmis à OpenAI
Le conflit a débuté publiquement le 10 juillet 2026, lorsqu’Apple a poursuivi OpenAI, io Products et deux de ses anciens salariés devant le tribunal fédéral du district nord de Californie. L’entreprise accuse Chang Liu, ancien ingénieur principal en systèmes électriques, et Tang Yew Tan, ancien vice-président chargé du design de l’iPhone et de l’Apple Watch, d’avoir détourné des informations confidentielles.
Dans un nouveau document judiciaire présenté le 3 août, Apple affirme que son enquête a fait apparaître 11 autres anciens employés susceptibles d’avoir été témoins de certains faits ou d’avoir participé aux événements examinés. Cette formulation reste importante : Apple ne prétend pas encore que ces 11 personnes ont toutes volé des secrets industriels.
Le fabricant cite néanmoins plusieurs situations qu’il juge préoccupantes. Un ancien salarié aurait rencontré Chang Liu et Yu-Ting Peng avant l’entretien d’embauche de cette dernière chez OpenAI. Des informations propriétaires concernant des produits Apple non annoncés auraient été abordées pendant cette réunion, selon le document judiciaire consulté par TechCrunch.
Un autre ancien salarié aurait effectué des captures d’écran de documents confidentiels portant sur un produit Apple encore secret, avant de passer un entretien chez OpenAI. Apple ajoute que plusieurs personnes travaillant désormais pour la société de Sam Altman l’auraient contactée après le dépôt de la plainte pour restituer des appareils professionnels conservés lors de leur départ.
Ces éléments constituent pour le moment des accusations formulées par Apple, et non des faits établis par une décision de justice.
Apple demande une procédure accélérée contre OpenAI
Apple réclame désormais une phase de collecte des preuves accélérée. L’entreprise souhaite obtenir des documents relatifs aux accès présumés à ses systèmes, mais aussi interroger sous serment Chang Liu, Tang Tan, Yu-Ting Peng et un autre salarié d’OpenAI ayant précédemment travaillé chez Apple.
Des représentants d’OpenAI et d’io Products pourraient également être entendus. Cette procédure doit permettre à Apple de déterminer si des informations confidentielles ont réellement circulé au sein des équipes chargées de concevoir les futurs appareils d’OpenAI.
En parallèle, le groupe demande une injonction préliminaire empêchant les défendeurs d’accéder à ses informations confidentielles, de les obtenir, de les utiliser ou de les divulguer pendant le procès. Apple affirme qu’elle subirait un préjudice irréparable en l’absence d’une telle mesure, selon Reuters.
Une injonction préliminaire ne signifierait pas qu’OpenAI est reconnue coupable. Il s’agirait d’une protection temporaire décidée avant l’examen complet du dossier. Elle ne devrait pas non plus interdire automatiquement à OpenAI de poursuivre tous ses projets matériels, sauf si le tribunal considère que certains travaux reposent sur des informations appartenant à Apple.
OpenAI accuse Apple de présenter une version trompeuse
OpenAI conteste fermement la plainte et la nouvelle demande d’Apple. Dans une réponse officielle publiée le 3 août, l’entreprise affirme que l’injonction repose sur des informations fausses et qu’elle ne possède pas les secrets industriels d’Apple.
« Nous ne détenons ni ne voulons aucun de leurs secrets industriels » (“we do not have, nor want, any of their trade secrets”), écrit OpenAI dans cette publication.
L’entreprise présente également des échanges de messages pour défendre Chang Liu. D’après OpenAI, des salariés d’Apple lui auraient demandé de les aider à retrouver des fichiers après son départ, intervenu le 22 janvier 2026. OpenAI soutient que certains accès étaient encore actifs en raison de faiblesses dans la procédure utilisée par Apple pour fermer les comptes de ses anciens employés.
La société conteste aussi l’affirmation selon laquelle Apple aurait tenté de lui signaler précisément ces faits plusieurs mois avant la plainte. Elle publie des courriels montrant qu’un avocat externe d’Apple a envoyé par erreur un message à Che Chang, directeur juridique d’OpenAI, alors que celui-ci était destiné à une autre personne portant le nom de Wang.
Ces éléments apportent une version contradictoire, mais ils ne répondent pas encore à toutes les accusations d’Apple concernant les captures d’écran, les appareils conservés et les informations éventuellement communiquées pendant des entretiens d’embauche.
Les futurs appareils d’OpenAI au centre du conflit
L’affaire dépasse le simple départ de plusieurs ingénieurs. OpenAI développe désormais ses propres produits grand public avec l’équipe issue d’io Products, la société cofondée par Jony Ive, ancien responsable du design d’Apple.
Comme nous l’expliquions dans notre article sur la future gamme d’appareils OpenAI, l’entreprise souhaite installer ses modèles dans plusieurs types de produits centrés sur la voix et l’intelligence artificielle. Cette offensive pourrait placer OpenAI en concurrence plus directe avec l’iPhone et les autres appareils Apple.
Dans sa plainte initiale, Apple affirmait que plus de 400 de ses anciens employés travaillaient désormais chez OpenAI en juillet 2026. Le recrutement de salariés expérimentés chez un concurrent n’est pas illégal. Le cœur du dossier sera donc de déterminer si OpenAI a seulement recruté leurs compétences ou si elle a aussi obtenu et exploité des informations protégées.
La demande d’enquête accélérée montre qu’Apple cherche à obtenir des preuves avant que les projets matériels d’OpenAI n’atteignent un stade plus avancé. La décision du tribunal sur l’injonction préliminaire constituera une première indication importante, sans trancher définitivement la responsabilité d’OpenAI ou de ses salariés.


