Le retrait de Nothing d’au moins 12 marchés serait en préparation, selon un rapport publié le 24 juillet 2026. L’Europe est citée, mais aucun pays n’a encore été nommé.
Le retrait de Nothing concernerait l’Europe, le Japon et le Moyen-Orient
Nothing pourrait fortement réduire sa présence internationale dans les prochaines semaines. D’après une enquête publiée le 24 juillet 2026 par Digit, le constructeur britannique préparerait son départ d’au moins 12 marchés. Le Japon, plusieurs pays européens et certaines zones du Moyen-Orient seraient concernés.
La liste précise des pays n’a toutefois pas été publiée. Rien ne permet donc d’affirmer que la France fait partie de ces marchés. Au 24 juillet 2026, la boutique française de Nothing et sa page officielle d’assistance restaient accessibles.
L’information doit également être considérée comme un rapport non officiel. Nothing n’a pas annoncé publiquement la fermeture de ses activités dans ces régions. Digit affirme avoir recoupé ses informations auprès de plusieurs sources, tandis que 9to5Google précise que l’entreprise n’a pas confirmé les détails du plan.
Une mise à jour ajoutée par Digit indique néanmoins qu’Akis Evangelidis, cofondateur de Nothing, a reconnu publiquement une transition difficile pour certaines équipes et évoqué des décisions nécessaires. Cette réaction semble confirmer l’existence d’une restructuration, mais pas forcément le nombre de marchés abandonnés ni l’ensemble des chiffres avancés.
Des suppressions de postes particulièrement importantes dans la R&D
Le retrait géographique s’accompagnerait d’une profonde réduction des effectifs. Selon Digit, Nothing prévoirait de supprimer entre 30 et 40 % de ses postes dans le monde. Les équipes chargées de la recherche et du développement seraient parmi les plus touchées.
L’unité de R&D de Nothing serait actuellement répartie à environ 70 % en Chine et 30 % à Londres. Les suppressions pourraient atteindre près de 50 % au sein de l’équipe chinoise et entre 30 et 40 % dans la capitale britannique, toujours selon les informations non confirmées du média indien.
Une telle réduction aurait des conséquences plus larges qu’une simple diminution des dépenses administratives. Les équipes de R&D participent au développement de Nothing OS, des fonctions d’intelligence artificielle, des appareils photo et des futurs smartphones. Une baisse aussi importante des effectifs pourrait donc ralentir certains projets ou conduire la marque à concentrer ses investissements sur un nombre plus limité de produits.
Nothing semble chercher à devenir une entreprise plus compacte, recentrée sur ses marchés les plus rentables. Cette stratégie peut réduire ses coûts à court terme, mais elle risque aussi de diminuer sa capacité à rivaliser avec Samsung, Google, Xiaomi ou Motorola, dont les réseaux de distribution et les budgets de développement sont beaucoup plus importants.
Les ventes des Nothing Phone 4a et 4b seraient insuffisantes
Les performances commerciales des derniers smartphones expliqueraient en partie cette restructuration. Le Nothing Phone (4b), commercialisé au début du mois de juillet 2026, aurait enregistré environ 20 000 unités expédiées dans le monde depuis son lancement, selon Digit.
Il est important de parler d’expéditions et non nécessairement de ventes aux consommateurs. Une unité livrée à un distributeur peut rester plusieurs semaines en stock avant d’être achetée. Ce chiffre fournit donc une indication sur la demande commerciale, mais pas un décompte exact des utilisateurs du téléphone.
Les Nothing Phone (4a) et Phone (4a) Pro, disponibles depuis la fin du mois de mars 2026, auraient pour leur part atteint environ 150 000 unités expédiées au total. Nothing aurait commercialisé approximativement deux millions de smartphones dans le monde en 2025, un volume que l’entreprise aurait désormais des difficultés à maintenir.
Ces données proviennent du rapport de Digit et n’ont pas été publiées dans les résultats financiers de Nothing. L’entreprise étant privée, elle ne fournit pas de bilan trimestriel aussi détaillé que les sociétés cotées. Les chiffres doivent donc rester présentés comme des estimations issues de sources industrielles.
L’Inde reste le principal moteur de croissance de Nothing
La situation internationale contraste fortement avec les résultats de Nothing en Inde. D’après Counterpoint Research, Nothing a été la marque de smartphones affichant la croissance la plus rapide dans le pays au deuxième trimestre 2026, avec une progression de 105 % sur un an.
Cette hausse aurait principalement été soutenue par les Phone (4a) et Phone (4a) Pro, ainsi que par la visibilité obtenue grâce au partenariat de Nothing avec l’équipe de cricket Royal Challengers Bengaluru pendant l’IPL 2026. Elle intervient pourtant dans un marché indien difficile, où les expéditions totales de smartphones ont reculé de 10 % sur un an au cours du trimestre terminé en juin 2026.
Une croissance de 105 % ne signifie pas que Nothing est devenu l’un des plus grands fabricants du pays. La progression est calculée à partir d’une base encore relativement modeste et ne comprend pas CMF, devenu une entité séparée en 2025. Elle confirme néanmoins que l’Inde constitue désormais un marché stratégique pour l’avenir du groupe.
Nothing pourrait donc réduire ses activités dans les régions où sa part de marché reste limitée afin de concentrer ses ressources sur l’Inde. Le développement commercial, la fabrication locale et la demande pour les smartphones de milieu de gamme y offrent des perspectives plus favorables que dans certains marchés européens très concurrentiels.
La hausse du prix de la mémoire fragilise les marques abordables
La situation de Nothing s’inscrit dans une crise plus générale du marché Android. La forte demande des centres de données destinés à l’intelligence artificielle exerce une pression croissante sur la production de mémoire DRAM et NAND, deux composants indispensables aux smartphones.
Digit, en citant Counterpoint Research, rapporte que certains prix de mémoire auraient été multipliés par environ quatre depuis septembre 2025. L’institut a également consacré en juin 2026 un rapport aux conséquences de la pénurie de mémoire, notamment sur les smartphones vendus à moins de 250 dollars.
Les petits constructeurs disposent de moins de moyens pour absorber ces augmentations. Ils doivent choisir entre relever leurs tarifs, réduire la quantité de RAM et de stockage ou accepter une baisse de leurs marges. Ces trois solutions peuvent rendre leurs produits moins compétitifs.
CMF illustre directement ce problème. Akis Evangelidis a confirmé en juin 2026 qu’aucun nouveau smartphone CMF ne serait lancé cette année. Le cofondateur estimait qu’il n’était plus possible de produire un véritable successeur au CMF Phone 2 Pro tout en conservant un prix cohérent avec le positionnement abordable de la marque.
Quel avenir pour les utilisateurs de Nothing en France ?
À ce stade, les propriétaires français d’un Nothing Phone n’ont aucune mesure particulière à prendre. Aucun arrêt des ventes, du service après-vente ou des mises à jour logicielles n’a été annoncé en France. Les produits restent référencés sur le site français et le service d’assistance de la marque est toujours disponible.
Un éventuel retrait commercial ne signifierait pas automatiquement l’arrêt immédiat de Nothing OS ou des correctifs de sécurité. Une marque peut cesser de vendre de nouveaux appareils dans un pays tout en maintenant pendant plusieurs années le support des modèles déjà commercialisés.
La disponibilité des réparations, des pièces détachées et des nouveaux modèles pourrait néanmoins devenir plus incertaine si Nothing réduisait réellement sa présence européenne. Les consommateurs qui envisagent un achat important ont donc intérêt à attendre une communication officielle indiquant les pays concernés et les garanties de support prévues.
Ce retrait de Nothing, s’il est confirmé dans son ampleur actuelle, marquerait un changement majeur pour l’un des rares nouveaux constructeurs à avoir réussi à se faire connaître sur le marché Android. Les prochaines annonces de la marque devront préciser le sort de la France, le calendrier de la restructuration et les engagements pris envers les utilisateurs existants.


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