Il y a quatre ans, Meta abandonnait discrètement son premier projet de smartwatch. Aujourd’hui, le groupe de Mark Zuckerberg remet les compteurs à zéro avec un plan bien plus ambitieux, et cette fois, l’IA est au coeur de tout.
Un marché différent, une stratégie différente
Le marché des wearables n’est plus celui de 2022. Là où les montres connectées se mesuraient à coups de cardiofréquencemètres et de compteurs de pas, la bataille se joue désormais sur l’intelligence artificielle embarquée et l’intégration des écosystèmes. C’est précisément dans cette fenêtre que Meta s’engouffre avec son projet Malibu 2, une smartwatch pensée dès le départ comme un hub d’IA personnelle plutôt qu’un simple tracker fitness.
La décision de relancer le projet aurait été prise fin 2025, lors d’un séminaire stratégique dirigé par Zuckerberg lui-même, selon The Information. Un timing révélateur : Meta a attendu que ses Ray-Ban Meta Display accumulent près de 6 millions d’unités vendues en 2025 avant de pousser ses pions sur le poignet.
Ce que l’on sait sur Malibu 2
Les détails techniques restent volontairement flous. Ce qui filtre : des fonctionnalités de suivi de santé et de fitness classiques, mais surtout un assistant Meta AI intégré, s’appuyant vraisemblablement sur les modèles Llama du groupe pour proposer des interactions conversationnelles et des conseils en temps réel.
Ce positionnement « AI-first » est une réponse directe aux tendances du marché, où Google, Samsung et Apple investissent massivement dans leurs assistants embarqués. Contrairement à ses concurrents directs, Meta disposerait toutefois d’un avantage singulier : une montre compatible à la fois avec iOS et Android, là où l’Apple Watch reste cantonnée à l’iPhone et la Galaxy Watch privilégie l’écosystème Android.
La pièce manquante de l’écosystème AR
C’est ici que Malibu 2 prend tout son sens stratégique. Andrew Bosworth, directeur technique de Meta, avait lui-même suggéré qu’un bracelet neuronal de contrôle gestuel s’intégrerait plus naturellement dans une montre que dans un accessoire dédié. Autrement dit, la Malibu 2 ne serait pas un produit isolé mais la télécommande physique des lunettes Meta Ray-Ban Display, une pièce centrale qui manquait à ce puzzle hardware.
Cette intégration potentielle offrirait à Meta un avantage concurrentiel que ni Apple ni Google ne peuvent répliquer à court terme : un duo lunettes-montre capable de gérer les interactions gestuelles, la biométrie et l’IA dans un écosystème fermé mais multi-plateformes.
Un lancement avant les lunettes AR Phoenix
Le calendrier de sortie s’inscrit dans une logique de déploiement progressif. Meta a volontairement repoussé ses lunettes de réalité mixte, le projet Phoenix, à 2027, pour ne pas semer la confusion chez les consommateurs avec plusieurs lancements simultanés. La Malibu 2 arriverait donc en éclaireur, probablement accompagnée d’une mise à jour des Ray-Ban Display.
La conférence Meta Connect de septembre 2026 serait la scène naturelle pour cette annonce, bien que la prudence reste de mise : Digitimes avait déjà prédit une montre Meta pour l’édition 2025 de l’événement, sans que cela se concrétise.
Concurrence frontale avec Apple et Samsung
Si Meta franchit le pas, elle entrera en compétition directe avec des acteurs solidement installés : Apple, Samsung, Garmin, Google (avec Pixel Watch) et même Oura sur le segment santé. Apple, de son côté, travaillerait sur ses propres lunettes intelligentes pour 2027, ce qui transformerait la course en un véritable affrontement d’écosystèmes croisés.
La vraie question n’est pas de savoir si Meta peut vendre une montre. Elle est de savoir si Meta peut créer le lien invisible entre lunettes, montre et IA qui rendrait le tout indispensable, là où ses prédécesseurs ont souvent livré des gadgets brillants mais déconnectés. L’histoire de Malibu 1, abandonnée en 2022 pour « défis techniques et coupes budgétaires » au sein de Reality Labs, rappelle que l’ambition ne suffit pas.




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