Apple s’apprête à franchir un cap décisif dans l’évolution de ses smartphones. Selon plusieurs sources convergentes, l’iPhone 18 Pro pourrait embarquer la technologie 5G par satellite, offrant ainsi un accès Internet complet sans dépendre des réseaux cellulaires traditionnels. Cette innovation, qui irait bien au-delà des fonctionnalités satellite actuelles limitées aux urgences, positionnerait Apple à l’avant-garde d’une révolution dans la connectivité mobile.
Le modem C2 d’Apple au cœur de la révolution
La clé de cette avancée réside dans le modem maison C2 qu’Apple développe pour remplacer les puces Qualcomm. D’après le leaker chinois Fixed Focus Digital, dont les prévisions se sont révélées exactes pour l’iPhone 17e et le processeur A19 Pro de l’iPhone Air, ce composant intégrerait la prise en charge du standard NR-NTN (New Radio Non-Terrestrial Networks). Cette technologie, définie par le consortium 3GPP, étend les capacités de la 5G aux réseaux non terrestres, incluant satellites en orbite basse (LEO), moyenne (MEO) et géostationnaire (GEO).
Le modem C2 représenterait une montée en puissance significative par rapport aux modèles C1 et C1X actuels. Il pourrait notamment supporter la 5G mmWave et atteindre des performances comparables aux puces Qualcomm qu’il est destiné à remplacer. Bloomberg et Mark Gurman avaient déjà évoqué en octobre 2025 les ambitions d’Apple concernant des « réseaux 5G qui ne sont pas attachés à la surface terrestre ».
Une technologie qui dépasse les communications d’urgence
Contrairement aux fonctionnalités satellite actuelles des iPhone, limitées aux messages SOS et à la localisation d’urgence, la 5G NR-NTN permettrait un accès complet à Internet via satellite. Cette évolution marquerait un changement radical d’usage : navigation web, emails, messagerie instantanée et partage de photos deviendraient possibles même dans les zones les plus reculées, là où aucun réseau terrestre n’existe.
Le standard NR-NTN offre deux approches distinctes. La première utilise le satellite comme extension ponctuelle du réseau opérateur lorsque la couverture terrestre fait défaut. La seconde, plus ambitieuse, propose un accès direct aux données par satellite, indépendamment des infrastructures terrestriales. Apple pourrait initialement privilégier la première approche avant d’évoluer vers une solution plus autonome.
Des défis techniques et infrastructurels considérables
Malgré l’enthousiasme suscité par ces révélations, plusieurs obstacles doivent être surmontés avant que cette technologie ne devienne réellement utilisable au quotidien. L’infrastructure satellitaire nécessaire reste le principal enjeu : disposer d’un modem compatible ne suffit pas, il faut également un réseau de satellites opérationnels et des accords avec des fournisseurs de services.
Les premiers déploiements devraient offrir des débits modestes comparés aux réseaux 5G terrestres. Le standard 3GPP Release 17 vise des vitesses de plusieurs dizaines de Mbps dans la bande sub-6 GHz, avec des objectifs de 5 Mbps en téléchargement et 500 kbps en envoi pour les zones reculées. À titre de comparaison, Huawei, pionnier avec son système de messagerie satellite sur la série Mate 50 lancée en 2022, ne propose encore que des SMS et des localisations d’urgence via le système Beidou.
La consommation énergétique constitue un autre défi majeur. Pour préserver l’autonomie de la batterie, le système ne basculerait vers le satellite que lorsque le réseau terrestre est indisponible, puis reviendrait automatiquement à la couverture cellulaire classique dès que possible.
Un timing stratégique pour Apple et ses concurrents
L’année 2026 apparaît comme un tournant pour la connectivité satellite sur smartphones. Fixed Focus Digital souligne que de nombreux fabricants se préparent à intégrer cette technologie, Huawei ayant d’ailleurs annoncé des tests publics fin 2025 avec des avancées attendues pour 2026. MediaTek, Airbus et Eutelsat ont également réalisé des démonstrations en 2025 utilisant la constellation OneWeb.
Du côté des opérateurs, T-Mobile a déjà lancé son service T-Satellite en partenariat avec Starlink, compatible avec de nombreux smartphones existants, incluant les iPhone 13 à 16 et plusieurs modèles Samsung et Google Pixel. Ce service propose actuellement de la messagerie et, pour certains modèles récents comme le Pixel 10, un accès complet aux données Internet.
Si Apple confirme cette fonctionnalité pour l’iPhone 18 Pro attendu en septembre 2026 aux côtés du premier iPhone pliable, la marque devra clarifier son modèle commercial : forfaits dédiés selon l’usage, partenariats avec des opérateurs comme Starlink, ou intégration dans les formules existantes. Les prochains mois devraient apporter des annonces techniques concrètes, notamment lors des réunions du 3GPP, ainsi que des indices sur les accords orbitaux et les mentions réglementaires dans les dépôts officiels.


