Gemini 4 est officiellement en entraînement chez Google, qui promet son modèle d’IA le plus ambitieux. Sa sortie reste toutefois sans date ni fiche technique.
Le 22 juillet 2026, Sundar Pichai a profité de la présentation des résultats trimestriels d’Alphabet pour confirmer que Gemini 4 était déjà en phase de pré-entraînement. Le groupe concentre une part importante de ses ressources informatiques sur cette nouvelle génération, avec l’objectif de rester compétitif face aux modèles les plus avancés d’OpenAI et d’Anthropic.
Gemini 4 est officiellement en cours d’entraînement
Google avait évoqué Gemini 4 pour la première fois le 21 juillet, lors de la présentation de Gemini 3.6 Flash, Gemini 3.5 Flash-Lite et Gemini 3.5 Flash Cyber. Dans son communiqué officiel, l’entreprise décrit son programme de pré-entraînement comme le plus ambitieux jamais lancé pour un modèle Gemini.
Cette annonce marque le début officiel d’une nouvelle génération, mais pas encore celui d’un lancement commercial. Google n’a communiqué ni date de sortie, ni nombre de paramètres, ni fenêtre de contexte, ni résultats de benchmarks pour Gemini 4.
Lors de la conférence financière d’Alphabet du 22 juillet 2026, Sundar Pichai a néanmoins confirmé que le modèle produisait déjà des résultats internes encourageants. « Nous sommes très ambitieux avec lui » (“we’re being very ambitious with it”), a déclaré le PDG de Google et d’Alphabet pendant cette conférence téléphonique avec les investisseurs.
Un modèle de base plus grand pour rester à la frontière
L’indice le plus important concerne la taille du futur modèle. Sundar Pichai estime que la prochaine génération de systèmes de pointe nécessitera des modèles de base beaucoup plus grands. Gemini 4 doit précisément fournir cette nouvelle fondation, sur laquelle Google pourra ensuite construire différentes versions spécialisées.
Un modèle de base plus grand ne signifie pas nécessairement que Google se contentera d’augmenter le nombre de paramètres. L’entreprise ne donne aucun détail sur son architecture. Cette formulation peut aussi désigner une hausse du volume de données, de la puissance de calcul, de la durée d’entraînement ou de la capacité générale du système.
Google présente cependant cette montée en puissance comme une condition nécessaire pour suivre l’évolution rapide du marché. L’entreprise ne cherche pas seulement à égaler les modèles disponibles aujourd’hui. Elle veut atteindre le niveau qu’auront ses concurrents au moment où Gemini 4 sera finalement commercialisé.
Cette stratégie nécessite une infrastructure considérable. Pendant la même conférence, Sundar Pichai a indiqué que la priorité de Google dans l’allocation de ses puces TPU restait le développement de systèmes d’intelligence artificielle générale. Le groupe doit simultanément réserver de la capacité pour entraîner Gemini 4, alimenter ses propres produits et répondre à la demande des clients de Google Cloud.
Le retard de Gemini 3.5 Pro complique la feuille de route
L’annonce de Gemini 4 intervient alors que Gemini 3.5 Pro n’est toujours pas disponible à grande échelle. Le modèle avait été évoqué pour le mois suivant lors de Google I/O 2026, mais Google indiquait encore le 21 juillet qu’il était seulement testé avec plusieurs partenaires.
L’entreprise promet désormais de le rendre accessible dès qu’il sera prêt, sans proposer de nouveau calendrier. Ce retard crée une situation inhabituelle : Google communique déjà sur la génération suivante alors que la version Pro de la génération actuelle n’a pas encore été lancée publiquement.
Cette attente contraste avec la rapidité de déploiement de Gemini 3.5 Flash, présenté lors de Google I/O 2026. Le modèle rapide était immédiatement devenu l’un des principaux moteurs de l’écosystème Gemini, avec un positionnement centré sur la vitesse, le coût et les tâches agentiques.
Google ne semble toutefois pas vouloir abandonner Gemini 3.5 Pro au profit de Gemini 4. L’entreprise continue de tester le modèle avec des partenaires, ce qui suggère que les deux générations pourraient occuper des rôles différents. Gemini 3.5 Pro pourrait répondre aux besoins haut de gamme à court terme, tandis que Gemini 4 servirait de nouvelle fondation pour la prochaine vague de modèles.
Le coding agentique devient une priorité pour Gemini 4
Sundar Pichai a reconnu pendant la conférence financière que Google devait encore progresser dans le développement logiciel et le coding agentique. Cette catégorie ne consiste plus seulement à générer quelques lignes de code. Elle mesure la capacité d’un modèle à explorer un projet, utiliser des outils, modifier plusieurs fichiers, exécuter des tests et corriger ses propres erreurs sur une longue séquence d’actions.
Google tente déjà de réduire cet écart avec Gemini 3.6 Flash. D’après les résultats communiqués par l’entreprise le 21 juillet 2026, le modèle atteint 49 % sur DeepSWE, contre 37 % pour Gemini 3.5 Flash. Il consommerait également 17 % de tokens de sortie en moins sur l’indice d’Artificial Analysis.
Ces résultats proviennent de Google et de benchmarks sélectionnés par l’entreprise. Ils ne permettent donc pas encore d’anticiper les performances de Gemini 4. Ils montrent néanmoins la direction retenue : améliorer la capacité des modèles à terminer des tâches complexes tout en réduisant le nombre d’étapes, d’appels d’outils et de tokens nécessaires.
Google veut publier de nouveaux modèles presque chaque mois
Gemini 4 ne devrait pas être un modèle isolé. Sundar Pichai a expliqué qu’il devait devenir une nouvelle base permettant à Google de multiplier rapidement les variantes et les mises à jour.
Le groupe vise désormais une cadence de publication proche d’un nouveau modèle par mois. Cette stratégie peut inclure des évolutions intermédiaires de la gamme Flash, des déclinaisons spécialisées et, après Gemini 4, des versions adaptées à différents rapports entre qualité, vitesse et prix.
Google applique déjà cette méthode avec Gemini 3.5 Flash, Gemini 3.6 Flash, Flash-Lite et Flash Cyber. La gamme principale sert de fondation, tandis que chaque déclinaison cible un besoin particulier comme les agents, le traitement de gros volumes ou la cybersécurité.
Cette cadence répond aussi à une demande en forte croissance. Au deuxième trimestre 2026, les API de modèles de Google traitaient environ 22 milliards de tokens par minute, contre 16 milliards au trimestre précédent. Plus de neuf millions de développeurs utilisent désormais chaque mois les modèles et les outils de développement de l’entreprise, selon Alphabet.
Le groupe dispose également d’une base considérable pour distribuer Gemini 4. L’application Gemini compte désormais 950 millions d’utilisateurs actifs mensuels, tandis que les modèles de Google sont intégrés à Search, Android, Workspace, Google Cloud et plusieurs produits Samsung.
Une sortie fin 2026 reste possible, mais non confirmée
À ce stade, Google ne donne aucune date de sortie officielle pour Gemini 4. Une arrivée en novembre ou décembre 2026 paraît plausible au regard du calendrier suivi par les précédentes générations, comme le relève 9to5Google, mais il s’agit uniquement d’une estimation.
Le retard de Gemini 3.5 Pro invite à rester prudent. L’expression « en cours d’entraînement » ne signifie pas que le modèle est proche d’une commercialisation. Après le pré-entraînement, Google devra encore effectuer des phases de post-entraînement, d’évaluation, de sécurité, d’optimisation et de test auprès de partenaires.
Aucune information fiable ne permet non plus d’affirmer que Gemini 4 sera immédiatement intégré à l’application Gemini ou proposé gratuitement. Son nom commercial définitif, ses déclinaisons, ses tarifs API et ses limites d’utilisation restent inconnus.
Google a donc confirmé l’existence de Gemini 4 et l’ampleur de son programme d’entraînement, mais presque tout reste à découvrir. Les prochains signaux importants concerneront la sortie de Gemini 3.5 Pro, les progrès du groupe en coding agentique et les premiers benchmarks officiels de cette nouvelle génération.


