Nvidia est sur le point de finaliser un investissement de 30 milliards de dollars dans OpenAI, selon des informations publiées le 19 février 2026 par le Financial Times et confirmées par Reuters. Ce montant vient remplacer un accord initial de 100 milliards annoncé en septembre 2025, qui n’avait jamais été pleinement formalisé. La conclusion pourrait intervenir dès ce week-end, d’après les sources citées par la presse financière internationale.
De 100 à 30 milliards : l’histoire d’un accord revu
En septembre 2025, Nvidia et OpenAI avaient annoncé depuis le siège de Nvidia à Santa Clara un partenariat stratégique ambitieux. L’objectif central était de construire au moins 10 gigawatts de centres de données alimentés par des GPU Nvidia pour permettre à OpenAI d’entraîner ses prochains modèles d’intelligence artificielle, la mise en ligne de la première phase étant attendue au second semestre 2026 sur la plateforme Vera Rubin. OpenAI y louait les puces à Nvidia, selon les termes de la lettre d’intention signée à l’époque.
Dès le 30 janvier 2026, le Wall Street Journal rapportait que ce méga-accord avait été mis « en suspens », des doutes internes ayant émergé chez Nvidia. Jensen Huang, PDG de Nvidia, réagissait depuis Taipei pour démentir tout conflit, qualifiant l’investissement de « colossal » et assurant que la participation au tour de table de Sam Altman était « certaine ». Le ton ferme de Huang avait temporairement rassuré les marchés sans pour autant clore le dossier.
Une restructuration, pas un abandon
La logique du nouvel accord diffère profondément de la lettre d’intention originale. L’accord de septembre 2025 était avant tout une opération d’infrastructure dans laquelle Nvidia finançait la construction de centres de données. Le deal de 30 milliards de dollars en cours de finalisation serait, lui, une prise de participation directe en capital dans OpenAI, Nvidia passant du statut de fournisseur à celui d’actionnaire. Ce changement de nature traduit une volonté de Nvidia de s’assurer une position durable au sein de l’entreprise qui structure aujourd’hui la demande mondiale en GPU.
Cette logique n’est pas sans rappeler la stratégie de Microsoft, qui avait multiplié ses participations directes dans OpenAI pour occuper une place centrale dans le marché de l’IA générative. Posséder une part d’OpenAI, c’est aussi sécuriser un client stratégique contre la montée des alternatives comme les accélérateurs maison de Google ou d’Amazon.
Un tour de table historique pour OpenAI
Cet apport de Nvidia s’inscrit dans un tour de table record qu’OpenAI est en train de finaliser, dont le montant total dépasserait les 100 milliards de dollars. SoftBank participerait à hauteur d’environ 30 milliards de dollars, et Amazon pourrait apporter jusqu’à 50 milliards. Si ces chiffres se confirment, OpenAI serait valorisée entre 830 et 850 milliards de dollars, ce qui en ferait l’une des startups les mieux valorisées de toute l’histoire.
OpenAI compte aujourd’hui plus de 700 millions d’utilisateurs actifs chaque semaine. Cette base massive justifie des valorisations qui semblaient improbables il y a trois ans, et la compétition avec Google Gemini ou Anthropic impose une course aux ressources de calcul qui rend ce type de financement inévitable.
Les puces Vera Rubin, véritable enjeu circulaire
Derrière les chiffres financiers se cache une réalité très concrète : la majorité des fonds levés par OpenAI serviront à acheter des puces Nvidia. Les nouvelles puces Vera Rubin, dont la production vient de démarrer, représentent la prochaine génération d’accélérateurs pour l’entraînement de grands modèles de langage. Nvidia a donc un intérêt direct et circulaire dans ce deal : investir dans OpenAI, c’est aussi stimuler la demande pour ses propres produits.
Cette mécanique circulaire n’est pas passée inaperçue dans le secteur. Nvidia joue à la fois le rôle de fournisseur de matériel, de financier et bientôt d’actionnaire, une position qui lui confère un levier considérable sur l’ensemble de l’écosystème de l’intelligence artificielle générative.
Nvidia actionnaire : un nouveau rapport de force
La conversion de Nvidia en investisseur en capital marque un tournant pour l’industrie tech. Le fabricant de semi-conducteurs n’est plus seulement le fournisseur de l’infrastructure de l’IA, il devient un acteur financier de premier plan dans l’écosystème qu’il contribue à alimenter. Les partenaires historiques de l’infrastructure Stargate, notamment Microsoft, Oracle et SoftBank, voient désormais Nvidia entrer dans le capital d’OpenAI de façon directe.
Ce rapprochement accentué entre les deux géants pourrait modifier durablement les équilibres concurrentiels du secteur. Les mois à venir diront si cet accord à 30 milliards marque le début d’une nouvelle ère dans les stratégies d’investissement des fabricants de puces, ou simplement la normalisation d’un partenariat déjà très étroit entre les deux sociétés.




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